Le Taï chi ou Taï Chi Chuan est un art martial traditionnel chinois reposant sur le développement physique et le développement spirituel. Souvent réduit à une gymnastique de santé, son véritable objectif est de développer son énergie appelée Chi.

Le Taï Chi, c’est quoi?

C’est une gymnastique énergétique qui consiste à réaliser des suites de mouvements fluides et circulaires. Leur exécution se fait lentement dans un ordre bien précis afin de développer son énergie interne.

pratiquer le taï chi

Il existe plusieurs styles dans le Taï Chi. Certains styles sont de prendre conscience de soi par une approche intérieure et d’autres styles favorisent les techniques de combat. Malgré tout, l’ensemble des styles ont favorisé le développement de la souplesse et de la fluidité en abandonnant les intentions martiales.

Le Kung Fu ou Wushu et le Taï Chi sont complémentaires puisque l’un est voué au développement physique et à la discipline tandis que l’autre est basé sur le développement personnel et l’énergie interne.

Le Taï Chi forme avec le Qi-Gong, l’une des 5 branches de la médecine chinoise. Les autres branches de la médecine chinoise sont l’acuponcture, le massage Tui Na, la pharmacopée chinoise (les plantes médicinales) et la diététique chinoise.

Le Taï Chi : ses origines

Les origines du Taï Chi sont mal connues et font l’objet de beaucoup de contradictions suivant les sources. D’un côté on retrouve les mythes et de l’autre des faits historiques.

Certains rapportent sa création pendant la dynastie Song (960-1279) et aurait pour créateur le taoïste légendaire Zhang Sanfeng

D’autres estiment que le créateur de cette discipline est Wang Zongyue. Il a vécu pendant la dynastie Qing (1644-1911) et aurait publié un traité sur le Taï Chi Chuan qui influence un grand nombre de maître en arts martiaux de l’époque. Cette hypothèse a été retenue dans le manuel de Taijiquan publié en 1930 par l’association chinoise de Wushu. Ce manuel rapporte que Wang Zongyue est le premier à avoir exposé la théorie et les techniques de Taï Chi de façon systématique.

Enfin, on peut noter que les premières traces historiques du Taï Chi apparaissent vers la fin de la dynastie Ming (1368-1644). Des recherches issues d’historiens et pratiquants du Wushu rapportent que Chen Wangting alors expert en boxe de style Chen développa le Taï Chi et que les différents styles de Taï Chi existant aujourd’hui, tel que le style Yang, Wu, Sun sont issues du style originel Chen.

Il est difficile de définir une origine exacte du Taï Chi. Cependant il est important de noter qu’il existe des styles différents qui se sont développés avec les âges et qu’ils véhiculent chacun un courant différent.

Le Taï Chi : les grands principes

En Taï Chi, l’extrême lenteur et la fluidité des mouvements est primordiale pour déceler la circulation du chi et des éventuels blocages de cette énergie. Le chi est une énergie qui nous entoure et nous pénètre, elle circule dans notre corps et elle s’associe à notre chi ancestrale qui est notre énergie interne. Le but du Taï Chi est d’associer et d’harmoniser ces énergies pour en tirer une force et une sérénité intérieure.

La gymnastique lente des mouvements et des transferts du poids du corps d’une jambe à l’autre, en association avec les mouvements des bras, participent grandement à équilibrer la dynamique des forces du Yin et du Yang. Avec le temps, la respiration s’accorde avec l’exécution des mouvements.

Cet art martial s’exécute toujours en posture verticale. La forme originale est constituée de 108 mouvements mais on pratique généralement une suite de 24 à 48 mouvements dans ses enchaînements.

Le Taï Chi: les différents styles

Le style Chen

Le style Chen est créé par Chen Wangting au 17e siècle. Il est certainement la variante du Taï Chi qui se rapproche le plus des arts martiaux traditionnels. Il nécessite des qualités physiques car ses enchainements se pratiquent en variant la puissance et la vitesse des mouvements. C’est ce style qui est généralement le plus apprécié des pratiquants de sport de combat.

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style yang du taï chi

Le Style Yang

Le style Yang est créé par Yang Luchan au 19e siècle et c’est le style le plus populaire en occident. Il favorise un style lent, relâché et simple. Par conséquent les sauts dans les enchaînements sont supprimés ainsi que les prises d’appuis athlétiques. Cette forme de Taï Chi Chuan a fortement évolué au fil du temps et sa pratique est très personnalisée.

Vous trouverez un article complet sur le style Yang avec ce lien

Le Style Wu

Ce style est très proche du style Yang car le fondateur Wu Quanyu a pratiqué au coté de Yang Luchan. Mais ce n’est qu’en 1928 que ce style apparaît en tant que tel avec le Fils de Wu.

Le Taï Chi : la pratique et les techniques

La pratique

Il a été évoqué plus haut dans l’article la complémentarité entre le Taï Chi et le Kung Fu. Le Kung Fu étant voué au combat et à la force pure, le Taï Chi apporte un équilibre spirituel et un développement personnel au pratiquant de l’art au combat.

Dans la pratique du Taï Chi, on s’efforce de garder de la lenteur et de la fluidité dans ses mouvements grâce au relâchement des muscles et à la respiration.

Il est fondamental de comprendre que la pratique est basée sur l’enracinement, c’est à dire que l’énergie passe par les pieds. Le Chi est ensuite traversé par les jambes et transite par la taille et le ventre. c’est une respiration abdominale qui est effectuée lors des mouvements et elle contribue à la circulation de l’énergie. Lors d’une frappe, l’expiration abdominale est douce ou sèche afin de libérer le Chi à travers les mains ou les poings de façon plus ou moins puissante. Ceci est une des pratiques de base.

Les techniques

Il y a huit techniques principales dans le Taï Chi. Ces techniques sont:

  • An (appuyer)
  • Cai (cueillir)
  • Ji (presser)
  • Kao (heurter)
  • Lie (séparer)
  • Lu (tirer)
  • Peng (parer et projeter)
  • Zhou (le coup de coude)

Outre la frappe du coude, on utilise aussi la frappe du poing relaché et la frappe de l’index replié soutenu par le pouce. Il demeure aussi les frappes avec les pieds, les genoux et les mains.

Lors d’une séance de Taï Chi Chuan, il y a plusieurs exercices possibles. Cela passe par du Baduanjin qui est une série de mouvement associés au Qi Gong et qui permet une décontraction du corps et de l’esprit.

Il y a l’apprentissage en tant que tel des mouvements, des respirations et des postures. Ici aussi, la pratique des mouvements est basée sur l’assouplissement du corps pour développer la circulation de l’énergie.

Les grands enchaînements ou forme longue est basé sur une série de 78 à 108 mouvements. C’est généralement destiné aux personnes ayant une certaine expérience.

Le Tuishou est la pratique d’un Taï Chi avec un partenaire. L’objectif ici est de s’accorder avec son binôme dans la compréhension de la force exercée par l’autre afin d’en tirer avantage. Les bras sont toujours en contact entre les partenaires afin de ressentir les énergies qui circulent.

Enfin, il y a la pratique avec les armes. Elles ont d’ailleurs une grande place et chaque arme à un mouvement fondamental précis qui lui est associé. On retrouve par exemple le sabre, la lance ou encore l’éventail.

pratique des armes au taï chi

Le Taï Chi et la médecine

Bien que l’on ne peut exclure un effet placebo de la pratique de cet art martial, le Taï Chi a été testé et s’avère efficace dans le traitement de certaines maladies. Notamment pour la fibromyalgie, pour les rhumatismes et l’arthrose du genou.

De plus, il a été relevé une efficacité sur la maladie de Parkinson, car la concentration oblige l’organisme à se focaliser sur la coordination et la précision des mouvements. De ce fait, les symptômes de tremblements sont limités et leur progression ralenti au fil du temps.

Enfin, il agirait sur la longévité car la plupart des centenaires chinois sont des pratiquants assidus du Taï Chi Chuan.

Conclusion sur le Taï Chi

Cet art martial est grand par sa capacité à développer sa force mental et aussi au développement physique en douceur. Bien que devenir un maître prend du temps, comme tout sport de combat, apprendre les bases est relativement simple. Très vite, on ressent une sérénité et une baisse de stress dans son quotidien. Ceci grâce à la circulation du Chi à travers notre corps. En effet, le Chi extérieur est une source d’énergie inépuisable, il nourri notre corps et notre esprit. Cela nous évite d’user notre Chi ancestral qui est notre énergie intérieure et qui s’épuise avec le temps.

Alors prendre le temps d’apprendre le Taï Chi peut être une source de bien être et surtout permet de garder la santé et être en forme.

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